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8 Mars : Rencontre avec Sabrina, Agent de sécurité

 
 
8 Mars : Rencontre avec Sabrina, Agent de sécurité

À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, nous avons rencontré Sabrina, agent de sécurité, qui exerce un métier considéré comme « masculin ». Elle nous présente son parcours et son métier, qu’elle a choisi par passion.

Pouvez-vous vous présenter ?

 Je m’appelle Sabrina, j’ai 36 ans et j’habite Créteil. Je travaille en CDD en tant qu’agent de sécurité depuis novembre 2017 et suis actuellement en poste au ministère des Affaires Étrangères.

Pouvez-vous nous raconter votre parcours professionnel et comment en êtes-vous arrivée au poste d’agent de sécurité ?

J’ai commencé ma carrière dans la marine, puis j’ai exercé différents métiers. J’ai toujours voulu travailler dans le domaine de la sécurité. C’est une histoire de famille pour moi. Mon père et mon frère étaient également agents de sécurité. Ils m’ont beaucoup parlé de ce métier et m’ont soutenu quand j’ai souhaité suivre la même voie. J’ai donc cherché une formation – qui m’a amené à venir en région parisienne.

Quelles sont les spécificités de ce métier ?

Il faut aimer vraiment aimer ce métier pour l’exercer. On a l’occasion de servir dans des endroits différents. J’affectionne cette mobilité. J’ai par exemple travaillé au musée du Louvre et dans plusieurs ministères. On y rencontre également des gens très intéressants.

Quelles sont les satisfactions que vous en tirez ?

J’apprends de nouvelles choses tous les jours. J’estime que c’est très important de continuer à découvrir, à évoluer. J’aimerais poursuivre mon parcours en passant les concours SSIAP 1 et 2 - c’est mon but.

Vous exercez un métier considéré comme masculin : quel est votre regard sur le sujet ?

Il est vrai que le métier d’agent de sécurité est davantage considéré comme un métier d’homme, mais je pense que c’est comme partout. Il faut être ouvert d’esprit et ne pas faire attention au regard des autres. C’est un métier très prenant, fatiguant, surtout pour mes collègues femmes qui sont mariées et ont des enfants. Il est parfois difficile de gérer vie personnelle et vie professionnelle – surtout avec les vacations de nuit. Je n’ai pas encore ces contraintes mais c’est une vraie question que je me pose, sur comment je devrai m’organiser.

Quelle est l’attitude des gens quand ils sont en interaction avec vous ?

Mon entourage n’en est pas étonné. Les usagers, eux, sont plutôt rassurés de voir une femme. Cela me fait plaisir – je réponds souvent aux questions des gens qui s’interrogent sur « comment je fais » ? Je leur dis qu’il faut plus de femmes exerçant des métiers « d’hommes » dans la société, que c’est important.

Pensez-vous que c’est un métier qui devrait se féminiser davantage ?

Oui ! Être une femme dans ce métier permet d’avoir une approche plus rassurante vis-à-vis du public féminin – et même masculin.

Quels sont les conseils que vous donneriez à une future candidate pour un poste d’agent de sécurité ?

Il faut sauter le pas – ne pas avoir peur !

Comment avez-vous été accueillie et perçue par vos collègues masculins au sein de votre entreprise et par les usagers ?

J’ai été très bien reçue par mes collègues – majoritairement masculins mais les agents femmes arrivent petit à petit. Ils étaient curieux de voir une femme exercer ce métier. Ils m’ont posé beaucoup de questions sur mon parcours. J’ai eu un excellent accueil dans chaque site où j’ai été. Il y a une forte solidarité entre vigiles, surtout lorsque nous avons à faire à des usagers compliqués.

Quel est votre rythme de travail ?

Je suis en intérim en événementiel. Il y a toujours un contrat disponible quand on travaille dans l’évènementiel. C’est un secteur qui me plaît et je souhaite y rester.

Combien gagnez-vous par mois ?

Sans les heures supplémentaires, un agent de sécurité touche en moyenne 1200 euros par mois. Après, tout dépend de son grade fonctionnel (postes à responsabilités, chef de section…) Ce métier se développe bien, mais il faut passer des formations pour évoluer.

Quelles sont les conditions de travail les plus dures pour vous ?

Probablement quand je travaille avec des conditions climatiques intenses. C’est très dur en été ou en hiver par exemple. Nous devons parfois travailler dehors si notre poste nous l’exige – notamment pour de la sécurité bâtimentaire. Nous avons généralement un roulement toutes les 2-3 heures avec trois agents, afin de ne pas rester en statique debout. Il arrive bien sûr que l’on craque, à cause de la fatigue, des courbatures. Il faut aussi faire avec le mépris de certaines personnes qui passent devant nous sans nous saluer. C’est parfois difficile pour notre amour propre. Mais nous nous entraidons entre collègues - c’est ça qui nous permet de tenir physiquement et moralement face à ces conditions spécifiques.

On me dit souvent courageuse de par mon métier et les conditions qui y sont liées. Je considère qu’à partir du moment où l’on aime ce que l’on fait, on peut faire face à tous les problèmes.