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Focus : la restauration de la Sainte-Chapelle de Vincennes

 
 
Focus : la restauration de la Sainte-Chapelle de Vincennes

Après deux ans de chantier, les travaux de rénovation de La Sainte-Chapelle du Château de Vincennes se sont achevés en décembre 2017, grâce à un accompagnement des équipes de l’UDAP 94 (Unité Départementale de l’Architecture et du Patrimoine)

Gérée par le Ministère de la Culture, la chapelle a été fondée en 1379 par le roi Charles V sur le modèle de la Sainte-Chapelle de Paris, mais le chantier de sa construction ne se terminera que 173 ans plus tard, en 1552, sous le règne d'Henri II, fils de François 1er. De style gothique flamboyant, elle a connu diverses campagnes de restauration, notamment après la tempête de décembre 1999 qui a détruit tous les vitraux de la nef et fragilisé les voûtes.

Le dernier de ces grands chantiers, commencé en mars 2015, a permis à la façade occidentale, son portail et sa rose de retrouver leur éclat, ainsi que les vitraux du chœur, considérés comme les plus beaux de la Renaissance. Pour accompagner ces travaux, les équipes de techniciens et architectes des Bâtiments de France de l’UDAP 94 ont été mobilisés tout au long du processus. Présents aux réunions de chantiers, les équipes ont eu un rôle de contrôle scientifique et technique pour l’ensemble des travaux entrepris. Ils ont notamment veillé sur cette période à ce que le cahier des charges soit pleinement respecté.

L’architecte du patrimoine, chef d’orchestre de la rénovation

Pendant presque trois ans, une dizaine de corps de métiers différents ont travaillé ensemble. Thierry Boucher, l'architecte du Patrimoine qui a dirigé les travaux, choisit spontanément une métaphore sportive : « C'était un travail d'équipe, tout le monde a joué collectif. » De son côté, Antonio Vico Vico, sculpteur sur ce chantier, qualifie Thierry Boucher de « véritable chef d'orchestre qui a permis une collaboration harmonieuse »

Unis autour des valeurs communes de savoir-faire ancestral, qualité et transmission, les maîtres-verriers, les couvreurs, les tailleurs de pierre, les maçons, les menuisiers, charpentiers et serruriers ont œuvré ensemble pour atteindre l'objectif fixé par le conservateur et l'architecte : la continuité historique et la correction de certaines erreurs sur des parties restaurées au XIX ème siècle. Un des paradoxes de la perfection, selon l'architecte du Patrimoine : « c'est aboutir à quelque chose qui ne se voit pas, qui ne dénote pas »

Pour ce faire, les matériaux utilisés sont les mêmes qu'il y a 600 ans : le verre, l'émail, les pigments, l'ardoise, le plomb, les clous en cuivre, la pierre de taille, sauf pour l'origine des ardoises ou de certaines pierres, suite à la fermeture de nombreuses carrières de proximité.

Une restauration jusqu’au bout des gargouilles

Un sculpteur du monument est presque toujours un tailleur de pierre de formation, sauf quelques oiseaux rares issus des Ecoles d'art. C'est le cas d’Antonio Vico Vico, un des plus expérimentés de ce chantier. Ancien élève des Beaux-Arts et des Arts Appliqués, devenu sculpteur par révélation après ses études d'art, il exerce sa passion depuis 23 ans et affirme qu' « il faut entre 7 et 10 ans de pratique pour être un bon sculpteur du monument. »

La gargouille est une figure monstrueuse et élancée qui termine la gouttière et conduit l'eau à distance des murs. « Quand la gargouille est trop endommagée pour envisager une simple restauration, il faut envisager une re-création à partir d'une nouvelle pierre » nous explique M. Vico Vico. Un travail préparatoire de 8 à 12 jours est alors nécessaire : il y a d'abord un travail de documentation (l'examen des traces de ce qui reste, parfois la recherche de sculptures similaires de la même époque, sur des monuments ou dans les musées) puis il faut choisir la bonne pierre (teinte, dureté) que l'architecte valide et qui sera préparée par le compagnon tailleur.

Ensuite, il faut réaliser un modèle en argile et le faire valider, avant de passer à la taille directe du bloc de pierre. « La reproduction se fait à l'œil, le geste est libéré et fluide ; on ne mesure pas, on n'est pas dans le registre de la précision, mais de la justesse » note M. Vico Vico. Enfin la nouvelle gargouille en pierre est ajustée sur le monument, avec un procédé d'épaulement et de goujonnage, puis patinée.

L'action de l'UDAP dans le Val-de-Marne c'est :

- 14 autorisations de travaux en 2016 sur des monuments historiques rendus ;
- 9,8 M€ mobilisés pour financer la création artistique ;
- 746 576 € mobilisés au titre d’opérations de protection, de conservation et de valorisation des patrimoines ;
- 689 960 € mobilisés pour des actons visant la transmission des savoirs et la démocratisation culturelle ;
- 120 000 € mobilisés pour aider aux acquisitions du musée d’art contemporain Mac/Val.