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L’accueil des victimes de violences conjugales dans les commissariats

 
 
L’accueil des victimes de violences conjugales dans les commissariats

Malgré la mise en place de plans de lutte et de prévention, les violences faites aux femmes restent importantes. En 2017, plus de 225 000 femmes ont été victimes de violences conjugales en France. Dans le Val-de-Marne, on observe que les plaintes pour violences sexuelles sont en hausse, comme sur le reste du territoire. Les violences intrafamiliales représentent une part importante de ces violences, auxquels les femmes sont le plus exposée. En effet, 88% des victimes de violences conjugales sont des femmes.

Les policiers constituent, avec les sapeurs-pompiers et le corps médical, les premiers interlocuteurs de ces victimes. Ceux du commissariat de Vitry-sur-Seine nous parlent de leur travail, dans une ville où les agressions et violences sexuelles et le harcèlement ont augmenté de +60% entre 2016 et 2017.

Quelle est la part de victimes de violences conjugales que vous accueillez au commissariat de Vitry-sur-Seine ?

La part des plaintes de violences conjugales enregistrées à Vitry-sur-Seine en 2017 constitue environ 7 % des plaintes à l’échelle départementale. Ce chiffre est dans la moyenne des autres circonscriptions de plus de 90 000 habitants.

Quelle est la proportion (hommes-femmes) de victimes de violences conjugales dans votre commissariat ?

Les violences sont parfois réciproques. Cependant les plaintes déposées par des hommes demeurent marginales. Seuls 2 cas ont été répertoriés lors de l’année écoulée.

De quelle façon sont prises en compte les victimes de violences conjugales ?

La Brigade Locale de Protection de la Famille (BLPF) de Vitry-sur-Seine est une unité composée de trois policiers dédiés aux questions familiales. Dotée d’un fonctionnement spécifique à la matière, elle fait face à un très fort contentieux en matière de droit de garde ainsi qu’à un flux de situations sociales complexes (fugues, mineurs isolés, mauvais traitements…) qui doivent souvent être traitées dans l'urgence et dans le cadre du flagrant délit. Au sein du commissariat de Vitry, un fonctionnaire de police a été désigné référent en matière de violences faites aux femmes et a reçu une formation spécifique sur cette question, sur l'accueil des victimes, le recueil de leurs plaintes etc...

Pourquoi ce fonctionnaire a-t-il souhaité devenir le « référent » de service en la matière ?

Il y a bien sûr l'intérêt pour la matière qui nécessite de combiner le savoir-faire policier et une approche psychologique autour du recueil de la parole des victimes. Il y a aussi chez les fonctionnaires de cette unité un engagement personnel fort et une réelle satisfaction à apporter une aide et un secours immédiat à des femmes en situation de grande souffrance. C'est également un domaine qui exige de travailler en étroit partenariat que ce soit avec le corps médical pour la prise en charge des séquelles physiques et psychologiques, le réseau d'aide sociale pour faire face à certaines situations d'extrême urgence comme la prise en charge d'un logement séparé du conjoint violent, les associations d'aides aux femmes victimes de violences comme l'association Tremplin etc...

Avez-vous une approche particulière pour libérer la parole des victimes de violences conjugales ?

La prise en charge des victimes de violences conjugales nécessite une acclimatation préalable et la mise en œuvre d’un environnement propice à la libération de la parole des femmes. Dès leur arrivée dans les locaux de Police, un questionnaire est mis à la disposition des plaignantes pour collecter les premières informations. Ensuite, les policiers reçoivent les victimes dans un endroit calme et isolé.

Parfois, ces efforts ne suffisent pas et certaines femmes continuent de refuser de porter plainte. Une alternative leur est toujours proposée que ce soit en les orientant vers le psychologue qui intervient dans le commissariat ou en leur communiquant les coordonnées des associations d'aide aux victimes intervenant dans le secteur. Même si elles ne portent pas plainte immédiatement, ce travail avec les associations peut les aider à prendre conscience de leur statut de victime et les amener par la suite à venir porter plainte.

Le 3919 - Violences Femmes Info 

Le 3919 « Violences Femmes info » est le numéro de référence d’écoute téléphonique et d’orientation à destination des femmes victimes de violences, de leur entourage et des professionnels concernés. Anonyme, accessible de 9h à 22h du lundi au vendredi et de 9h à 18h les samedi, dimanche et jours fériés, gratuit, ce numéro national garantit une écoute, une information, et une orientation vers les dispositifs d’accompagnement et de prise en charge.